Projet

Parau Bibi est un lieu sacré dans la région de Balkan au sud du Turkménistan. Issu de la légende d’une jeune fille poursuivie par des bandits et sauvée par la montagne, le site de Parau Bibi est un ensemble cultuel composé de mosquées, cuisines et chambres pour accueillir des pèlerins musulmans. Mais ce qui attire surtout les Turkmènes dans ce lieu, c’est une petite mosquée, perchée dans la montagne, en hommage à cette jeune fille. Lorsqu’en bas, Allah est prié et adoré selon les precepts de la religion musulmane, en haut ce sont des voeux et des rites pour la fertilité qui se pratiquent. Dans ce lieu sacré se côtoient la rigueur de la foi de la religion musulmane et les traditions dans lesquelles se mêlent croyances et superstitions.
Les cinq anciennes républiques soviétiques prises entre la Chine, la Perse et la Russie regorgent de lieux sacrés de ce type qui jalonneront notre parcours et notre étude. Ce qui nous intéresse ici est la corrélation entre des croyances d’ordre magique (rites de fertilité, de fécondité, de purification, de guérison, divination…) et la religion islamique dogmatisée (sunnisme et chiisme) dont se revendiquent la plupart des pratiquants.
Nous nous concentrerons donc sur les rites pratiqués dans des lieux sacrés, tels que des mausolées de saints soufis, des sites liés à un mythe ou à un édifice antique ; sur la visite de ces lieux en famille et entre amis, qui s’apparente souvent à une forme de pèlerinage. D’autres religions présentes en Asie centrale, christianisme, zoroastrisme, et bouddhisme, sont parfois en relation avec notre sujet d’étude mais nous les tiendrons la plupart du temps en dehors de notre propos pour s’en tenir uniquement à l’islamisation des rites étudiés. Cependant nous pourrons citer, lorsque cela nourrira le discours, les liens que des éléments pourraient entretenir avec ces autres religions.
En Asie centrale, des croyances animistes et chamaniques existent encore, comment s’articulent-elles avec la religion dominante, l’islam ?
Au gré des assimilations, des autoritarismes et des syncrétismes plusieurs phénomènes ont permis à ces rites et ces croyances d’origines très anciennes de traverser les siècles pour se pratiquer encore au XXIème siècle.
Et si l’on considère un besoin propre à tout homme de communiquer avec l’invisible, n’est-ce pas là l’occasion de redonner du crédit à des formes de croyances dites superstitieuses, faisant intervenir une forme de magie ? Il s’agira donc de porter un regard respectueux sur ces pratiques, pour tenter de comprendre les croyances et les espoirs qui leurs sont liés.
Notre problématique étant développée sur la base de la littérature et de quelques observations effectuées dans le seul Turkménistan, nous sommes conscient de ce que notre étude s’apparentera à une pré-enquête sur le terrain. L’intention de filmer autant que possible les lieux sacrés, les rites qui y sont pratiqués et nos rencontres avec des acteurs de ces rites révèlent notre volonté de dresser un portrait concret des croyances islamisées d’Asie centrale, sans prétendre à une étude exhaustive de ce phénomène.

Le site de l’ancienne mosquée d’Anau, près d’Achgabat (Turkménistan). Les femmes y viennent en famille, entre amies, pour faire un rituel autour du mausolée d’un saint soufi.

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